Le Pèlerin de Shikoku, Un chemin d’éveil au Japon

Auteur : PACQUIER Thierry
Éditeur : Transboréal
Parution française : Novembre 2018
ISBN : 978-2-36157-244-0
Prix : 20,90€

La quatrième :
Vêtu de la blanche tunique du pèlerin, Thierry Pacquier s’élance seul et à pied sur les chemins sacrés du Japon, à Shikoku. Tout au long des 1 200 kilomètres du légendaire pèlerinage des 88 temples, il s’initie aux rituels bouddhistes ainsi qu’au mode de vie insulaire nippon sur lequel il apporte un témoignage original.
Animé par un besoin de renouveau et de lâcher prise, l’ascète avance vers l’éveil. Sa quête spirituelle à travers la nature sauvage l’entraîne d’ailleurs dans les pas du poète Taneda Santoka, chantre du dépouillement et de la vie errante. Ainsi, en ouvrant d’autres horizons, le « chemin de Compostelle japonais » tiendra toutes ses promesses. La vie du marcheur en sera changée. Cette métamorphose achèvera de faire de lui un vagabond, qui parcourt le monde pour mieux le comprendre.

Lire des extraits

Mon avis :
Pèlerinage à la mode, un nouveau livre sur Shikoku m’a, de prime abord, surtout fait lever un sourcil de circonspection. Mal m’en a pris. Si mes précédentes lectures sur le sujet ont été au mieux divertissantes, j’ai ici été happée. Je lisais sur le chemin du travail, dans le métro et m’arracher aux pages était une épreuve, tant j’accompagnais en esprit chaque pas du henro (pèlerin). L’exercice de la chronique est là difficile. Il s’agit d’une expérience éminemment personnelle, profonde, que je n’ai pas, pas encore, vécue dans ma chair et mon être.

Thierry Pacquier est un kinésithérapeute basé en Nouvelle Calédonie, mais a de nombreuses fois fait l’expérience du voyage par le passé. Le pèlerinage de Shikoku qu’il raconte ici est son premier, effectué seul : il le refera un an plus tard avec son épouse.

Le livre se découpe en plusieurs parties, qui correspondent aux quatre parties du chemin du pèlerinage, plus un qui, pour l’auteur, le complète et le termine (c’est en effet un des choix que les pèlerins peuvent faire).

1re partie : LE CHEMIN DE L’ÉVEIL ~ préfecture de Tokushima
2e partie : LE CHEMIN DE L’ASCÈSE ~ préfecture de Kochi
3e partie : LE CHEMIN DE L’ILLUMINATION ~ préfecture d’Ehime
4e partie : LE CHEMIN DU NIRVANA ~ préfecture de Kagawa
5e partie : LE CHEMIN DU RETOUR ~ Koyasan

Bien écrit, fluide, très agréable et surtout incroyablement immersif, on suit le chemin de Thierry devenu aruki henro (pèlerin marcheur) depuis sont arrivée au Japon jusqu’au moment où il repart. Comme les bornes éparses sur le chemin, le texte est parsemé de poèmes libres de Taneda Santoka, poète que j’ai découvert qu’à la lecture de ce livre.

Il jette sur le Japon un regard ingénu : il en découvre l’hospitalité, se confronte à la méfiance (un homme qui porte des bracelets, voyez-vous ça !), accepte les osettai (dons aux pèlerins, pratique purement japonaise) qu’il partagera, rencontre des pèlerins dont certains feront une grande partie de chemin avec lui, notamment Suzuki-san, japonais anglophone. Et sans être imprégné de foi, il raconte comment il est néanmoins transformé au fur et à mesure des étapes, via une observation de plus en plus prégnante de son environnement. et que les différentes parties portent bien leur nom…

Les pages ne racontent pas seulement le périple et la découverte de grenouilles singulières, aussi curieuses soient-elles, de dégustation de soupes divines ou de descriptions de temples plus ou moins beaux dans leurs écrins forestiers ou urbains. On y apprend aussi la vie de Taneda Santoka, poète, Takamure Itsue, « poétesse, historienne, ethnologue, féministe militante et anarchiste » du début du XXe siècle. On y croise des pèlerins dont l’expérience est tout à fait différente de celle de l’auteur, qui ne souffrent pas ou qui ont une approche différente du pèlerinage : à chaque pèlerin son chemin propre, et nul ne doit être jugé sur sa manière de l’effectuer.

Note aux âmes sensibles : si la vue d’opérations chirurgicales vous fait détourner le regard, la page 87 de la présente édition pourra probablement vous retourner l’esprit et le cœur. Le chemin n’est pas de tout repos, même pour un marcheur aguerri, et de mauvais choix sont rapidement payés : asphalte, dénivelés et flans escarpés, climat qui va des neiges aux pluies torrentielles, flopées de marches pour atteindre un temple caché, bus de pèlerins ou compagnons importuns… Thierry a laissé sur le chemin peau (réelle et symbolique) et chaussures.

Une fois le livre refermé, on se prend l’envie de relire le début. La différence de perception du monde est palpable, le décalage entre le monde fou et avide et le calme serein de l’auteur en est frappant. On a est tenté, nous aussi, d’enfiler la veste blanche et d’empoigner le bâton pour suivre les traces de Kukai, et de soi-même.

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