Dans l’œil du démon

Auteur : TANIZAKI Jun’ichirō
Traduction : Patrick Honnoré, SEKIGUCHI Ryoko
Titre original : Hakuchū Kigo  白昼鬼語
Éditeur : Philippe Picquier
Parution japonaise : 1918 (Ōsaka Mainichi Shinbun, Tōkyō Nichinichi Shinbun)
Parution française : 2019
Prix littéraires : –
Adaptations : –
ISBN : 978-2-8097-1445-6
Prix : 14€
La quatrième :

Un écrivain reçoit un matin l’appel d’un ami, riche oisif animé d’une passion coupable pour le cinéma et les romans policiers, qui lui propose de venir assister à un meurtre.
Nous voilà entraînés avec lui dans le labyrinthe des bas-fonds de Tokyo et, furtivement glissés dans l’intervalle entre deux masures, l’œil collé au nœud évidé d’un volet, découvrant en voyeurs… Mais devons-nous croire ce que voient nos yeux ?
Jeux de miroirs et d’apparences trompeuses, messages secrets à déchiffrer et, au cœur de l’énigme, la beauté indéchiffrable d’une femme dont l’amour peut s’avérer fatal. Dans ce roman inédit où plane l’ombre d’Edgar Allan Poe, Tanizaki compose un brillant théâtre des illusions qui joue avec nos nerfs et jongle avec l’étrange.

Mon avis :
Ce court roman est une sombre délectation. On y suit deux personnages, un écrivain, et un riche dont les principaux passe-temps sont le cinéma et le roman policier qui se trouve ici une lubie singulière : celle d’assister à un meurtre.

Le lecteur est vite fait mis dans la peau de l’écrivain, seul ami de l’excentrique, qui écoute les élucubrations de ce dernier, incrédule. Et le voilà malgré lui, lié par une amitié sans faille et une certaine forme de pitié, entraîné dans le sillage de son ami.

On suit les errances incrédules de l’un et la folie supposée de l’autre. Rationnel et irrationnel s’affrontent dans une sorte de tango nocturne, jusqu’à brouiller les pistes. Ce meurtre, est-il réel ? Ces personnages, la scène, les décors, les récits exhaltés… Si Sonomura l’original reste absolument enthousiaste de son expérience, le jeune écrivain croit perdre la raison…

La traduction est très bien faite, dans un style et un choix sémantique qui permettent de se plonger dans un roman noir d’il y a un siècle. L’ambiance est incroyablement décrite, on se laisse absorber dans les ombres et les intrigues. Par quelque extraordinaire magie, il m’apparaissait en noir et blanc, tel un film de Kurosawa ou de Mizoguchi. La chute sera peut-être assez facile à cerner pour les amateurs du genre, mais elle n’en reste pas moins délicieuse.

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