La Lumière de Tokyo

Auteurs : BERTS Jean-Michel, ITO Seiko
Traduction : –
Titre original : –
Éditeur : Assouline
Parution japonaise : –
Parution française : 18 septembre 2008
ISBN : 978-2759405411
Prix : 70€
La quatrième :

A l’œil averti du grand écrivain s’efforçant de parvenir à une intelligence de la beauté asiatique, particulièrement de la beauté japonaise, une conception de l’optique d’une nature différente inédite s’avérait une composante indispensable.
Mon avis :

Ce livre fait partie d’une série sur les Lumières des villes du monde. Paris, New York, Jérusalem, Venise, Istanbul, Arménie et Londres accompagnent le volume tokyoïte. Les photos sont en noir et blanc, renforçant ainsi l’aspect quasi mystique et impermanent de la capitale. On croirait l’Homme disparu, dans un Tôkyô délaissé, brumeux. Quoi de mieux que l’ombre pour parler de  la lumière ? Et les artistes ne s’y sont pas trompés, comme les impressionnistes, la lumière au Japon est tout à fait singulière…

La préface cite Tanizaki qui, à juste titre, comparait les différences de conception de la lumière entre l’Occident et le  Japon. Là où la lumière est renvoyée par le blanc de manière crue, formant presque de manière manichéenne le pendant de l’Obscurité, le Japon perçoit un dégradé d’ombres de couleurs et de valeurs différentes.

« Éloge de l’ombre : « Mais de tout temps la surface des laques avait été noire, brune ou rouge, autant de couleurs qui constituaient une stratification de je ne sais combien de ‘couches d’obscurité'(…) »

C’est cela qui est mis en valeur dans ce livre, ces nuances d’ombres, d’obscur, de gris et de blancs, d’intensités, de densités,  mais toujours sans trace de vie humaine, sinon les constructions de sa main. Cette préface est primordiale. Ito y explique en quoi l’ombre, l’obscurité, est un élément essentiel de la culture japonaise. Réception avec des geishas, temples, statues dorées à la feuille… Sous les néons  contemporains, tout est exposé, exsangue de vie, fade, ridicule, aveuglant. Mais plongez les motifs brodés d’or, les perles, les statues dans un clair-obscur tout nippon et voilà que tout se révèle.

Le lecteur, après une longue introduction invitant à la réflexion sur ce que sont ombres et lumière, navigue entre textes d’Ito et photos de Berts. Les textes accompagnent les images sans rompre l’équilibre fragile des brumes. Pas d’indication de lieux -elles se trouvent à la fin, avec une miniature ; bien sûr, un résident saura replacer les photos mentalement dans leur adresse. Les bâtiments, ornés de pénombre, semblent irréels. Ils sont là, imposants, surgissant de la terre noire, exposant leurs flancs aux vicissitudes des ondes et des particules que sont la lumière, poudrant  leurs reliefs.

La banalité n’est plus, tout trouve sa place, comme si le monde retrouvait un ordre naturel, un chaos pacificateur.

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