La chronique japonaise

Auteur : Nicolas BOUVIER
Éditeur : Payot
Parution française : mai 2015 (première édition : 1975)
ISBN : 9782228913287
Prix : 9.50 €

La quatrième :

« Il entre du grelottement dans la musique japonaise. » (Nicolas Bouvier)

« Le voyageur est une source continuelle de perplexités, écrit Nicolas Bouvier. Sa place est partout et nulle part. Il vit d’instants volés, de reflets, de menus présents, d’aubaines et de miettes. » Voici donc le Japon selon Bouvier. Un archipel pétri par l’histoire et le spirituel qui est autant le pays des samouraïs que celui des humbles. Là où d’autres convoquent une bibliothèque entière pour se donner des airs de penseur zen, Bouvier saisit l’odeur de l’air, la couleur d’un visage, une conversation dans la rue pour nous livrer en une ligne le diamant d’une sensation.

Nicolas Bouvier (1929-1998), l’un des plus grands écrivains voyageurs de langue française, est notamment l’auteur de L’Usage du monde.

Mon avis :

Publiée pour la première fois en 1967 sous le nom de « Japon », puis en 1975 sous sa forme et son titre actuels, la Chronique japonaise de Nicolas Bouvier est un mélange de ses rois voyages au Japon en 1955-56, 1964-66 et 1970, ainsi que quelques passages de l’histoire du pays. C’est d’ailleurs cette partie qui ouvre la danse, une sorte de réécriture teintée d’humour, de passion et d’érudition, de l’histoire et de la civilisation japonaise.

L’écriture est réellement agréable, les mots sont justes, et jamais le lecteur ne s’ennuie. Le récit de voyage est un exercice difficile, mais Bouvier savait mettre en avant le plus petit détail savoureux de son expérience. Il n’est pas devenu une référence pour rien, et son accessibilité, sa justesse, sont incroyablement rafraîchissants. A aucun moment nous ne rencontrons de curiosité malsaine, de condescendance.

Non, ce qui ressort, c’est une curiosité presque enfantine, toujours avide, riante, sereine, sans jugement. Chaque chose, chaque observation est remise dans son contexte, l’absence d’ethnocentrisme est naturelle.
<blockquote>Au XVIII éme, le voyageur Allemand Kaempfer (qui visite le Japon) conclut « que le système tout entier des Dieux du Shinto est un tissu si ridicule de fables monstrueuses et inacceptables que ceux-là même dont l’affaire est de les étudier ont vergogne de révéler ces inepties à leurs propres sectateurs et encore bien plus aux bouddhistes ou aux membres de quelques autre religion ». Et je vous devine bien près de lui donner raison.
Question d’habitude et de latitude. Après tout, un Homme-Dieu né d’une vierge dans une étable, réchauffée par un âne et un bœuf, et cloué sur deux poutres entre deux voleurs par la volonté d’un père miséricordieux… Mettez-vous à la place du premier japonais qui a entendu cette histoire pour nous si familière!</blockquote>

Je ne suis pas une habituée de ce genre littéraire, mais je pense qu’il est nécessaire à tout voyageur, futur voyageur, et pas seulement dans l’archipel, de lire et de s’imprégner des mots de Nicolas Bouvier.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

Créer un nouveau site sur WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :