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Clair-Obscur

Auteur : NATSUME Sôseki 夏目 漱石
Traduction : De CECCATTY, René ; NAKAMURA Ryoji
Titre original : 明暗 Meian
Éditeur : Rivages (Poche / Bibliothèque étrangère)
Parution japonaise : 1917
Parution française : Mars 2015 (1989)
ISBN : 9782743631567
Prix : 9.00€

La quatrième :

Tsuda doit subir une opération bénigne, ce qui l’oblige à être éloigné quelques jours de sa femme, Nobuko. De cet événement anodin découle un véritable drame. Mais comme toujours chez Sôseki, la tragédie commence dans le silence : un geste ou un regard, le froissement d’une étoffe. Puis l’orage gronde, transformant les cieux qu’on croyait cléments. L’amour n’est plus alors, entre Tsuda et Nobuko, qu’un souvenir douloureux. Chronique d’un naufrage conjugal, Clair-obscur est le dernier roman de Sôseki.

Mon avis :

Autant l’annoncer immédiatement : ce livre est frustrant. Dernier ouvrage de Sôseki, inachevé, il laisse un arrière-goût quelque peu amer, celui de la lecture qu’on voudrait continuer pour savoir enfin le fin mot de tout cela, et l’avenir de certains personnages.

On suit l’histoire d’un jeune couple, TSUDA Toshio et Nobuko, mariés depuis six mois. Issus de familles aisées, ils semblent peu de soucier du quotidien. Et Toshio, communément appelé Tsuda dans le roman, de nouveau malade, doit subir une opération qui va l’immobiliser loin de chez lui quelques temps.

Sauf que… leur quotidien n’est pas si exempt de soucis. Le père de Tsuda lui refuse une aide financière, et c’est alors que les intrigues fusent de toutes part entre Nobuko, Hideko (la soeur du malade), Madame Yoshiyama… Petit à petit, la pelote se déroule, fluide. Sans qu’il le soit dit directement, Tsuda est en souffrance, mais nie son mal-être, se met de furieuses œillères, et refuse jusqu’à voir la bonté qui l’entoure. Un beau jour arrive où il prendra une décision terrible et dramatique… (il sera nécessaire de considérer ces termes dans la société du début du XXe siècle !).

Natsume Sôseki signait là son dernier roman, emporté par un ulcère à l’estomac entre temps, mais le texte n’est pas illisible ni incompréhensible. C’est un ouvrage passionnant, qui montre sûrement mais de façon très fine les affres de l’inconscient et la force de celui-ci dans le quotidien, et que ce mal-être est difficile à accepter et à exprimer quand on est pétri et engoncé dans les convenances sociales. L’ami de Tsuda ne fait pas beaucoup de cas du qu’en-dira-t-on, mais Tsuda le méprise pour cela. Il n’empêche que le plus libre des deux est aussi le plus sain d’esprit.  Mais voilà, Tsuda finira par prendre un envol loin de son cadre de vie habituel. Prise de liberté ? Geste inconvenant lourd de conséquence ? On ne le saura jamais et c’est à chacun de faire son idée.

Les descriptions de Sôseki sont aussi simples que raffinées, une élégance toute japonaise et l’immersion dans la haute société japonaise du début du siècle dernier se fait sans heurts. Le dernier livre du Maître est un roman à ne pas ignorer.

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