Une Odeur de gingembre

Auteur : Oswald Wynd
Traduction : Sylvie Servan-Schreiber
Titre original : The Ginger Tree
Éditeur : Gallimard
Parution japonaise :
Parution française : 2006
ISBN : 2070309053
Prix :

La quatrième :

Mon avis :

C’est un roman atypique que celui-là : sous forme de journal intime agrémenté de lettres à sa mère et ses amies, l’héroïne Mary Mackenzie raconte sa vie d’Édimbourg au Japon en passant par la Chine du début du XXe siècle. Toute jeune, âgée de 20 ans, cette jeune femme se rend en Chine où elle devra épouser un jeune militaire anglais, qu’elle trompera avec un officier japonais. Répudiée, elle se réfugiera au Japon. Elle racontera son voyage en bateau, les changements en elle, ses émerveillements et déceptions, le tout parfaitement sourcé par l’auteur. L’écriture est fluide, prenante, et on évolue avec elle malgré les quelques coupures dans ses écrits, qui vont de quelques mois à plusieurs années.

On pourrait partager le roman en deux parties : la Chine et le Japon. La partie chinoise montre comment la jeune femme s’adapte à son nouvel environnement d’expatriée dans un monde inconnu, qu’elle découvre avec des yeux presque innocents, le tout dans un contexte militaire complexe en filigrane, mais toujours présent. En effet, au moment de son arrivée, les Russes et les Japonais se disputent la Mandchourie. Devenue rapidement indésirable, autant par ses agissements que par sa réflexion hors-normes, elle se voit plus ou moins contrainte d’aller au Japon et sa vie s’en voit changée totalement.

On traverse avec elle une quarantaine d’années, les guerres mondiales vues d’Orient, les sentiments patriotiques, les effets des guerres sur les gens. C’est un point de vue quasi-unique que l’on retrouve dans ces pages ! Sa vie au Japon de femme fautive dans un cercle d’expatriés croyants et dans une culture différente la verra se transformer et trouver un courage qu’elle n’aurait jamais soupçonné. Si elle critique son amie suffragette pour son extrémisme, elle ne réalise pas que son mode de vie est en lui-même une revanche sur le système établi.

Les expatriés, anciens expatriés ou simplement passionnés par le Japon y rencontreront un Japon authentiquement reconstitué, que la profondeur psychologique des personnages met en valeur. On retrouve le caractère, le comportement et la curiosité toutes japonaises, jusqu’au stalker !

Ce roman de presque 500 pages se lit comme on dévorerait une pâtisserie après une sévère diète : avidement, sans s’arrêter pour revenir un tant soit peu à la réalité et à sa raison. Un beau voyage vous attend.

Note : une série télévisée britannique en a été tirée en 1989.

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