Le Diable chuchotait

Auteur : 宮部 みゆき MIYABE Miyuki
Traduction : Myriam Dartois-Ako
Titre original : 魔術はささやく Majutsu wa sasayaku
Éditeur : Philippe Picquier
Parution japonaise : 1989
Parution française : avril 2012 (grand format), mai 2015 (poche).
ISBN : 2-8097-1098-4
Prix : 10€ (poche)

La quatrième :

Trois morts à Tôkyô : une jeune fille saute du toit d’un immeuble, une autre se jette sous un train, une troisième est renversée par un taxi. Accidents, suicides ou meurtres ? Déterminé à aider son oncle, le chauffeur de taxi accusé d’avoir tué la troisième jeune fille, Mamoru, du haut de ses seize ans, entreprend de chercher les réponses à ces questions. C’est ainsi qu’il découvre que les trois victimes n’étaient pas exactement des modèles d’honnêteté et de sagesse. Et qu’une quatrième jeune fille est aussi en
Danger… Miyabe excelle à instiller des touches de fantastique dans la réalité urbaine et à doser savamment le suspense, en nous attachant aux pas d’un détective adolescent, attirant et original.

Mon avis :

Le roman policier n’est pas, du moins le croyais-je, ma tasse de thé, et pourtant, la quatrième de ce roman m’intriguait fortement : trois suicides, dont le dernier a mis en jeu la réputation de la famille Asano, accusée de meurtre. La première, Fumie Katô, se jette dans le vide, la seconde sous les rails d’un train, la troisième se fait renverser par un taxi alors qu’elle courrait… Les circonstances étant étranges, voilà que le jeune Mamoru, neveu du chauffeur de taxi en question, décide d’enquêter afin de sortir son oncle des griffes de la police. Il se rend rapidement compte qu’il reste une jeune femme sur la liste d’un assassin qui a le culot de le contacter par téléphone…

Au premier abord, le roman apparaît cousu de fil blanc, un peu trop facile dans ses enchaînements, un peu trop pathétique par certains aspects : le héros a vu son père disparaître, sa mère est morte, il est adopté par une tante à Tokyo et rebelote, le tonton qui a des soucis à cause d’une suicidée. Situation certes possible, mais un peu lourde comme prélat. Quant au « fil blanc » supposé, ce n’est que l’excellente habileté de l’auteur à savoir mener sur de fausses pistes, à noyer le poisson juste ce qu’il faut. Le roman débute sur plusieurs faits apparemment décousus, (la disparition du père de Mamoru et les suicides), et le fil se resserre petit à petit, tissant les mailles d’une intrigue passionnante et qui tient en haleine, sans jamais faiblir. Car, passé outre le cadre familial de Mamoru, ce roman est excellent.

Miyabe, auteur de policiers mais aussi d’essais sait plonger son lecteur dans la société nippone sans le farder : prostitution, escroquerie, évaporation, déshonneur, ijime (brimades à l’école), le fonctionnement de la justice japonaise… rien n’est caché ou déformé, rien ne manque au tableau. Les jeunes femmes ne sont en effet pas exactement des parangons de vertu, mais finalement, personne ne l’est vraiment : petit à petit, les démons de chacun refont surface, ceux-ci les gérant plus ou moins bien, sans qu’il n’y ait de bon ou de méchant. C’est également un récit initiatique en ce qui concerne Mamoru, et une belle leçon de lecture : rien n’est jamais manichéen.

Jusqu’aux dernières pages, le lecteur reste suspendu aux gouttes d’encre du stylo de Miyabe, et on ne reste pas sur sa faim. A lire absolument !

Le roman a fait l’objet de deux dramas, l’un en 1990 (NihonTerebi) et le second en 2011 (FujiTerebi).

Voici une présentation du reboot :

Ne l’ayant pas vu, je ne pourrais aucunement m’engager sur sa qualité, mais il est notable que l’histoire est quelque peu altérée pour donner dans le pathos : la dernière victime est la sœur cachée du héros, qu’elle cherchera à protéger tout en cherchant l’assassin… Dans le livre, ils n’ont aucun lien de parenté, mais soit.

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